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Administrative Law / Droit administratif 2011 France

Pages
18
2011 / Vol. 23, No. 2, (80)
Digital Edition

Administrative Law / Droit administratif

France

Pascale Gonod

Professeur à l’Ecole de droit de la Sorbonne, Université de Paris I

As far as administrative organisation is concerned, past months attest the progres­sion and the adjustment of territorial reforms of decentralisation, and are mostly marked by the institution of the Defender of rights, created through the constitu­tional revision of July 23, 2008, which was realised after long debates. Administra­tive justice remains at the heart of legislative reforms, subject to debate because of the profound modifications they intend to bring to the contentious administrative procedure. Moreover, the Council of State had to rule on the impartiality of admin­is­tra­tive judges. Several cases have dealt with the hierarchy of norms, especially as far as the application and interpretation of supra-national law is concerned. The ju­ris­dictional judge (juge des conflits) has thus sanctioned an “abuse of legislative power” by refusing to apply a law granting jurisdiction on the basis of the Euro­pean Convention on Human Rights; the Council of State renounced the prejudicial question to the Minister of Foreign Affairs concerning the interpretation of an inter­­national convention. In its opinion of March 21, 2011, it has also estimated that it is to the national court to guarantee the effectiveness of the rights that every person is entitled to through the obligation of the State consisting in transposing Com­munity directives into domestic law under both the treaty and the Constitution; it has confirmed its classic case law regarding judicial review of international con­ven­tions. The judge has also intervened regarding liability by creating a new posi­tive application of no-fault liability of the State because of international conven­tions, and by admitting a new case in which the inaction of the Administration, even without fault, may be a source of liability for breach of equality before public burdens. In the domain of contract litigation, an important case has led to a speci­fi­cation of the qualification criteria of public service delegation and of the contract of occupation of a public domain dependence.

S’agissant de l’organisation administrative, les mois écoulés attestent de la pro­gres­sion et de l’ajustement des réformes territoriales de décentralisation, et sont sur­tout marqués par l’institution du Défenseur des droits née de la révision consti­tu­tionnelle du 23 juillet 2008, qui se concrétise après de longs débats. La justice ad­mi­nistrative demeure au cœur des réformes législatives, sujettes à débats en rai­son des profondes modifications qu’elles entendent apporter à la procédure admi­nis­trative contentieuse. Par ailleurs, le Conseil d’Etat a eu à statuer sur l’impar­tia­li­té des juges administratifs. Plusieurs affaires ont été retenues au titre de la hiérar­chie des normes, et plus particulièrement concernant l’application et l’interprétation du droit supra-national. Le juge des conflits a ainsi sanctionné un “détournement de pou­voir législatif en refusant d’appliquer une loi d’attribution de compétence en se fondant sur la Convention européenne des droits de l’homme; le Conseil d’Etat a renoncé à la question préjudicielle au ministre des Affaires étrangères en matière d’in­terprétation d’une convention internationale. Dans son avis du 21 mars 2011, il a par ailleurs estimé qu’il revient au juge national de garantir l’effectivité des droits que toute personne tient de l’obligation que constitue pour l’Etat la transposition en droit interne des directives communautaires tant en vertu du traité que de la Cons­ti­tution; il a confirmé sa jurisprudence classique en matière de contrôle juridic­tion­nel des conventions internationales. Le juge est également intervenu en matière de res­ponsabilité en faisant une nouvelle application positive de la responsabilité sans faute de l’Etat du fait des conventions internationales, et admettant un nouveau cas dans lequel l’inaction de l’Administration, même non fautive, peut être source de res­ponsabilité pour rupture de l’égalité devant les charges publiques. Dans le do­maine du contentieux contractuel, une importante affaire a conduit à préciser les cri­tères de qualification de la délégation de service public et du contrat d’occupa­tion d’une dépendance du domaine public.

 

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